Un séminaire sur l’apprentissage de la lecture se tient aujourd’hui au Collège de France, en présence du ministre de l’Education nationale. Il est organisé à l’intention des formateurs d’IUFM au moment même où une censure professionnelle s’exerce à l’encontre de Roland Goigoux, professeur des Universités en sciences de l’éducation et enseignant à l’IUFM d’Auvergne.
Cet universitaire vient d’être exclu de la formation des inspecteurs de l’Education nationale où il assurait, depuis plusieurs années, des cours sur l’apprentissage de la lecture. Pourtant, ses compétences professionnelles, son dévouement et son sens du service public sont unanimement reconnus. On ne peut trouver dans les écrits de Roland Goigoux le moindre encouragement à ne pas appliquer les programmes sur l’apprentissage de la lecture modifiés en mars dernier. En revanche, le ministère lui reproche la publication d’un ouvrage récent — Apprendre à lire à l’école — qui s’écarterait, non pas des programmes, mais du discours tenu par le ministre lui-même sur la lecture et dans lequel il préconise fortement l’utilisation des seules méthodes syllabiques au CP.
Ainsi, Roland Goigoux se trouve écarté de la formation des cadres de l’Education nationale parce qu’il ne professe pas le simplisme pédagogique. L’actuelle décision ministérielle confirme l’émergence d’une pensée officielle visant à faire taire les pensées critiques et à mettre au pas la Recherche et les corps d’inspection. Au-delà de la seule formation des cadres, c’est la formation des enseignants qui est menacée d’appauvrissement, et avec elle, à terme, la qualité de l’enseignement dispensé aux élèves. Parce qu’il n’est pas dans la tradition de l’enseignement public de confondre formation et conformation, les organisations signataires rappellent leur attachement au respect de la mission des enseignants-chercheurs, dont l’indépendance garantit la qualité scientifique.
Les organisations signataires s’inquiètent de la propension du ministre à entretenir le trouble dans l’opinion sur l’apprentissage de la lecture. Elles réaffirment que l’intérêt des élèves ne réside pas dans une opposition démagogique entre parents et enseignants, mais dans une relation de coopération et de confiance mutuelle nourrie par le dialogue.
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Dimanche 17 septembre 2006
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Dimanche 17 septembre 2006
Sur la forme, le SE-UNSA se félicite de la publication des postes offerts aux concours de recrutement avant l’ouverture des registres d’inscription. Cela permet enfin aux étudiants de ne plus s’inscrire « à l’aveugle » aux concours de leur choix.
Sur le fond, le SE-UNSA constate que contrairement aux annonces du ministre, le nombre total des postes offerts n’est pas stabilisé. Il est en baisse globale de 5.76%, ce qui correspond à 1410 postes en moins.
Dans le premier degré, la baisse des recrutements entamée en 2004 se poursuit. Ce sont 100 postes de moins qui sont offerts par rapport à 2006. Cette diminution intervient à un moment où la hausse du nombre d’élèves se poursuit et où les départs en retraite restent importants. Pour le SE-UNSA, cette politique ne peut qu’amplifier la dégradation des taux d’encadrement et accentuer la baisse de la scolarisation des enfants de deux ans.
Dans le second degré, c’est l’enseignement technique et professionnel qui continue à être particulièrement touché avec une nouvelle baisse des recrutements de respectivement – 19.75% (enseignement technique) et – 18.80 (enseignement professionnel). Cette baisse qui succède à celle très forte de l’an dernier augure mal de l’avenir. Serait-elle la conséquence directe d’une volonté politique de mettre l’apprentissage sur le devant de la scène ?...
Dans le second degré toujours, la baisse globale de 5% des postes offerts aux concours internes et la suppression pure et simple de ces concours pour l’EPS, les CPE, les COPsy bouche l’horizon de très nombreux personnels précaires qui perdent ainsi l’espoir d’une titularisation.
Pour le SE-UNSA, ces annonces et leurs conséquences constituent un argument supplémentaire pour s’engager dans la grève du 28 septembre.
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Dimanche 17 septembre 2006
Le ministre a placé sa rentrée sous le signe du pragmatisme.
Pour le SE-UNSA, ce pragmatisme affiché souffre d’approximations, voire de contradictions flagrantes :
- Comment faire cohabiter un socle commun à acquérir par tous à l’issue de la scolarité obligatoire avec l’exclusion de cette même scolarité obligatoire pour les jeunes relégués en apprentissage dès 14 ans ?
- Comment résumer l’acquisition des compétences sociales et civiques à une note de vie scolaire aux critères d’attribution arbitraires ?
- Comment mettre en place les programmes personnalisés de réussite éducative quand les restrictions budgétaires priment ?
Pour le SE-UNSA, le pragmatisme ne consiste pas à allier tout et son contraire. Il oblige à affronter la réalité telle qu’elle est :
- une relance de l’éducation prioritaire dans la précipitation et sans moyens nouveaux ;
- la baisse constante de la scolarisation des enfants de 2 à 3 ans en maternelle ;
- des écoles, collèges, lycées asphyxiés par des réductions budgétaires successives qui entravent notamment l’aide aux élèves en difficulté.
Faire reposer l’action pour l’égalité des chances sur le mérite individuel, avantager l’enseignement privé qui continue à accueillir majoritairement les couches sociales les plus aisées, entretenir une polémique démagogique sur la lecture… Les visées électoralistes sont la priorité. Mais quand le ministre de l’Education nationale entendra-t-il enfin ses enseignants ?
Cette attitude ne peut que renforcer l’appel du SE-UNSA à la mobilisation et à la grève le 28 septembre.
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